Une question a passablement taraudé les esprits des suiveurs du championnat de Rance, il y a quelques mois: une paire d’attaque Sleigher-Bellemare aurait-elle eu raison de tous les dispositifs défensifs adverses? Question toute bête, mais ô combien opportune, lorsque e bruit se mit à courir que l’ailier droit de Briançon et le centre d’Angers auraient très bien pu évoluer ensemble, la saison passée. Dans quelle équipe? Officiellement, mystère. Officieusement, à Briançon. Toujours est-il que les deux hommes avaient— chacun de leur côté — fait suffisamment trembler les filets des ligues mineures canadiennes, avant de remettre la compresse en Rance, pour envisager de former là une des plus fines paires de la Ligue Magnus, Ce que les Français n’auront pas vu, le championnat de Suisse va se l’offrir ! Grâce à un HC Martigny qui continue de faire sagement ses emplettes, quitte à jouer la surenchère avec l’actuel troisième club du championnat hexagonal. Un comble pour un club sans grands moyens, ce qui situe finalement assez bien l’impact financier des organisations tricolores sur le marché international.
POUR SE FAIRE REMARQUER Pierre-Luc Sleigher quitte donc les Hautes-Alpes pour les Alpes valaisannes ! Et il en avait vraiment envie. A un tel point que le meilleur compteur des Diables Rouges, la saison passée, a cassé son contrat – valable encore un an – pour rejoindre les rangs octoduriens. Patience récompensée, en quelque sorte, pour l’ailier droit qui avait déjà été relancé lors de la pause de Noël par ses dirigeants. Je voulais évaluer toutes les options avant de prendre ma décision, avait-il confié à notre confrère Benoît Plamondon, du quotidien La Nouvelle / L’Union, il y a quelques semaines, au moment de prendre un peu de bon temps dans son Québec natal. Un coup dur, assurément, pour Briançon qui perd un homme capable de compter près deux points par match. «Mais il faut dire que l’offre de Martigny ne pouvait pas se refuser», peut-on encore lire entre les lignes. Comprenez: le Canadien voit son salaire doubler1Apparemment sollicité par d’autres clubs suisses, français, allemands et italiens, Sleigher a préféré jouer la carte Martigny. Avec une autre petite idée derrière la tête: «Si je connais une bonne saison, plusieurs portes pourraient s’ouvrir. Mon nouveau club est aussi affilié à un club de l’élite. On ne sait jamais, peut-être que je pourrais être rappelé. C’est sûr qu’en tant que joueur étranger, j’ai beaucoup de pression» raconte encore le neveu de Louis Sleigher, une ancienne figure marquante de NHL, qui avouait à ses débuts être venu dans Hexagone pour tout gagner. Sa trajectoire s’est terminée en demi-finale du championnat de France, la saison écoulée, en présentant une fiche de 70 points en 42 matches, toutes compétitions confondues. UN JOUEUR D’IMPACTUne certitude, toutefois: Pierre-Luc Sleigher est à considérer comme un des meilleurs joueurs du défunt championnat tricolore. Un vrai leader, comme il le fut déjà à Victoriaville (LHJMO) lorsqu’il devint capitaine d’une formation alignant… David Manzato devant ses filets. Leader qu’il est encore aussi au classement des joueurs les plus pénalisés de l’histoire de la franchise (1021 minutes). Leader, enfin, comme il sait l’être sur la glace lorsqu’il s’agit de limiter te rayon d’action de la ligne adverse. Le Canadien (175 cm, 84kg) est un travailleur acharné, un pur attaquant physique et rapide, qui a toujours souhaité suivre les traces d’un autre «ex-patron» des Tigres, un certain… Alexandre Daigle! Si l’on se réfère à la saison écoulée, Bruno Aegerter devra se montrer patient comme Arno Del Curto: Sleigher deviendra inarrêtable lorsqu’il aura parfaitement trouvé ses marques. Vraisemblablement aux côtés de Jonathan Bellemare.
«BLANCHETTE», DUC D’ANJOULe gabarit de Jonathan Bellemare n’est pas très impressionnant (170cm, 72kg), mais il aura marqué son passage en Anjou. Au point d’en devenir une figure emblématique malgré un nombre finalement limité de matches en quatre saisons (129). Tout simplement parce que «Blanchette» (!) a su s’attirer les faveurs des observateurs en réalisant quelques gros matches: un hat-trick contre Mulhouse pour arracher la qualification en play-off ou encore un quintuplé contre Caen. Le natif de St-Gérard (Québec) est un joueur de centre doté d’un très bon sens du but, mais aussi de bonnes mains de passeur. Durant sa carrière au sein des Ducs d’Angers, il réalisa 182 points (dont 76 buts), ce qui lui permet d’afficher un bilan de 1,4 point/match. Maître à jouer des Angevins, son départ a été très mal ressenti sportivement, car il faisait partie de ces joueurs dont dépendent les performances d’une équipe. Pour preuve: afin de le remplacer, le club n’a pu faire autrement que de solliciter une ancienne connaissance helvétique, Eric Fortier. La ville d’Angers était tombée amoureuse de son Canadien, le voir partir est un crève-coeur. Surtout si l’on se souvient que la Coupe de France remportée en 2007 par le club l’avait beaucoup été grâce à Jonathan Bellemare. Une consécration fêtée le jour de la… Saint-Valentin !
Source : Top Hockey